Depuis quelques années les attaques et les actions des "anticorridas" sont plus nombreuses plus insidieuses et parfois violentes et bénéficient de soutiens très médiatiques.
Même si ces actions, parfois très virulentes, ne sont pas prêtes d'aboutir en France, il n'en demeure pas moins que les aficionados doivent réagir et doivent avoir la liberté d'assister aux spectacles taurins.
Si un jour cet abolitionnisme atteignait la corrida il est certain qu'alors les prochaines victimes seraient la course camarguaise, les abrivados et tous les spectacles taurins.

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Association de défense des tauromachies - Sommières

Tienta de Sommières du 1er août 2026, l’Aficion à la baguette.

Les deux protagonistes, Lalo de Maria et Joachim Cadenas. Bétail de Patrick Laugier.


Beaucoup de monde dans les arènes de Sommières pour assister à un évènement assez inédit en ce lieu. Manifestation à but pédagogique c’est l’Association de Défense des Tauromachies de Sommières qui était en charge de le commenter.

Et il revenait naturellement à sa présidente, Claudette Monnier, de prononcer le discours de présentation de l’évènement alors que Jérôme Desfour, membre de l’Aficion allait se charger de fournir les explications techniques de ce que peut être ou doit être une tienta de vaches, acte d’une importance capitale, mais d’issue incertaine, pour tout ganadero.

Lalo de Maria, torero de son état et Joachim Cadenas, le raseteur aux multiples Cocardes d’Or et qu’on ne présente plus, ont su mettre en valeur toutes les qualités des vaches présentées, dont le comportement, en particulier pour la première se bonifia tout au long de la faena. Après ces deux premières vaches vint un becerro travaillé en mano a mano ce qui nous offrit des passes de grande qualité esthétique. C’est le picador Mathias Forestier qui officiait ce jour-là à la pique.

Gaëtan, guitariste flamenca soulignait les moments forts de cette tienta. Stéphane Porret, maire de Sommières, était entouré de plusieurs personnalités pour partager ce moment festif. Entre autre Marie Sara, mère de Lalo de Maria et Patrick Laugier, le ganadero fournisseur du bétail. Patrick Laugier, contraint par des raisons multiples que tout le mondillo connait, annonçait d’ailleurs à cette occasion la vente de sa Ganaderia qui s’appellera désormais  la ganaderia Pourquier. Les Gypsy Estrellas étaient venus animer l’apéritif qui s’en suivit pour clôturer cette matinée festive.

Chers amis Aficionadas, Aficionados, Cher public, Bonjour,

Avant toute chose, permettez-moi de vous dire le plaisir que nous avons aujourd’hui d’être ici avec vous.
Au nom de tous les membres de l’Association L’Aficion Défense des Tauromachies de Sommières, nous adressons nos plus vifs remerciements à Monsieur Stéphane Porret, Maire de Sommières, à Monsieur Bastien Maury, adjoint aux festivités, ainsi qu’à l’ensemble de la municipalité, pour nous avoir proposé cet exercice d’explication d’une tienta — un exercice à la fois simple, complexe, et quelque peu particulier !

L’Aficion n’est pas un club taurin. Elle n’organise aucun spectacle. C’est une association de passionnés des tauromachies, créée fin 2010 sous l’impulsion de Monsieur Claude Ricard, grand aficionado. Depuis, elle œuvre en Pays Sommiérois et au-delà pour le rayonnement des tauromachies.

Son objectif est double : défendre les tauromachies face à ceux qui les contestent, mais aussi les faire mieux connaître. Cette défense ne concerne pas uniquement la corrida, souvent la plus exposée, mais bien l’ensemble de l’univers du taureau.
L’Aficion organise ainsi des soirées à thèmes variées, en accueillant les acteurs des tauromachies — raseteurs, matadors, manadiers, ganaderos — mais aussi des écrivains, des historiens et des vétérinaires.


À travers ses activités, elle joue un rôle essentiel de transmission.
Et j’insiste sur ce mot : transmission.
Transmettre une culture, transmettre une passion, transmettre le respect du taureau.
Car cela ne s’inscrit pas seulement au cœur de nos traditions.

Le taureau est un élément essentiel de notre territoire, un acteur indispensable à l’équilibre de nos paysages,
et à la préservation de leur biodiversité.
Sans lui, c’est tout un écosystème, tout un patrimoine, qui seraient fragilisés.

Aujourd’hui, nous ne nous adressons pas aux excellents aficionados présents dans l’arène — ils en savent autant que nous, sinon plus.
Nous parlons aux curieux, à celles et ceux qui souhaitent comprendre, et peut-être devenir les aficionados de demain.
C’est le pari que nous faisons, comme d’ailleurs en Tienta !

Claudette Monnier

Memento du commentaire de la Tienta Sommières le 01/08/2026

Bonjour chers amis aficionadas et aficionados
Puis les remerciements à la municipalité ou au comité des fêtes de nous proposer cet exercice d’explication d’une tienta qui est à la fois très simple et très compliqué !   
L’Aficion : qui sommes-nous ? Que défendons-nous ? Association de défense des tauromachies – Sommières

A qui allons-nous parler ?
• Pas aux excellents aficionados présents dans l’arène : ils en savent autant si ce n’est plus que nous !
• Mais aux curieux, à ceux qui ont envie de comprendre et qui peut-être vont devenir de futurs aficionados… C’est le pari que l’on va faire ! Comme d’ailleurs en Tienta !!

Tienta : origine du mot, verbe « tentar » = essayer = tester. Le toro est essayé = tientado.
Les toros + les vaches essayés aujourd’hui appartiennent à la ganaderia de Patrick Laugier. Limite de la Crau et des Alpilles à Raphaèle-Les-Arles
Création du fer : 1996 avec des vaches de Cebada Gago et un semental de Torrestrella
Puis vers les années 2000 une cinquantaine de vaches + 2 sementales arrivent de chez Juan Pedro Domecq Solis ;
         
Quel est le but de la teinta ?
Sélectionner des futurs reproducteurs qui donneront des toros de corrida que le public appréciera !
SélectionTorista (on privilégie la complexité de l’animal)
Sélection Torerista (expression artistique du torero).
Le succès d’une corrida c’est l’interaction de 3 acteurs : toro, torero et public ! et public = sensibilités différentes…
(Une des raisons pour lesquelles nous sommes dans un club taurin : discuter sans fin de ces sensibilités et de ces regards sur la corrida… corrida  littérature !)

Qu’est-ce qu’on va chercher dans la tienta : une double fonction !!!
Recherche d’une agressivité naturelle // conserver la biodiversité
La tauromachie fonctionne à l’envers de la domestication. Pendant 10 000 ans, on a cherché des animaux collaborateurs avec l’Homme.
On cherche à retrouver la sauvagerie originelle = Conservation de la biodiversité !!
On va combiner cette agressivité naturelle par 3 caractéristiques qu’on pourra évaluer :
• Caste : race = le « qui je suis » 2 significations : c’est à la fois tous les animaux d’une même lignée = caste Miura, Vistahermosa (Domecq), Santa Coloma (La Quinta) Vazquez (Prieto de la Cal) … Mais c’est aussi un comportement, vache encastée, décastée, media caste !     
• Bravoure : capacité d’attaque = le « pourquoi j’attaque » : qu’est-ce qui me pousse à charger, ce que j’ai à défendre, c’est de l’énergie, de l’impulsion, c’est y aller encore et encore ! C’est le courage. C’est le « no pasaràn » de Dolores Ibárruri (La Pasionaria).   
• Noblesse : qualité de l’attaque = le « comment j’attaque » de la fourberie, hypocrisie, sournoiserie, … à la loyauté, l’honnêteté, la sincérité, la droiture     
La Tienta est un moment décisif sur l’orientation d'un élevage !

Raisonnement (citation) de Joaquim Nunez del Cuvillo (Cadix) « Ma ganaderia n’est pas de celle que l’on dit torista. Le toro que j’élève,de prime abord, ne donne pas une impression de grande sauvagerie. Il n’est pas de ceux qui dès leur sortie provoquent l’admiration de l’aficionado. Mais mon raisonnement est le suivant : mon toro triomphe si le torero triomphe. Et le torero triomphe si le public demande les oreilles du toro. Et si le public demande les oreilles c’est qu’il a vu une faena. Et qui dit faena dit obligatoirement deux partenaires : un torero et un toro ! Si on oublie trop souvent cela, c’est que dans de nombreuses chroniques on lit : - six toros maniables de… et huit oreilles pour les toreros ! Maniables !! réduire la somme de bravoure qu’ont dû apporter les toros pour permettre aux toreros de couper huit oreilles au seul mot de maniables est une injustice ! »   

Qui a eu l’idée de faire des tientas ?
Fin XVIIIe ( 1760), famille Vazquez de Utrera = précurseur de la sélection
Le toro est essayé (tientado) por acoso y por deribo.
On séparait l’animal du troupeau, deux cavaliers poursuivaient/harcelaient l’animal (acosar) le renversaient (derribar) avec la garrocha = perche (Tienta de machos).
2 cas possibles :
l’animal se relevait et attaquait = conservé comme reproducteur
l’animal se relevait et fuyait = éliminé !
Tienta très spectaculaire encore utilisé, mais de moins en moins = risque de fracture des pattes des cornes. Pauvreté des renseignements fournis
Traditionnellement chez Miura c’est conservé ! il faut de l’espace… 400 ha chez Miura !     
Les toros sélectionnés avaient droit à la reproduction avec un lot de vache ! = un tournant dans la tauromachie on va créer les lignées = les encastes  généalogie

     
Qui est tienté et à quel âge ?
Des vaches et des toros (tienta des machos) en général les animaux ont 2 à 3 ans.
Au début du XX siècle on tientait entre trois et cinq ans. Ce serait l’idéal. Pourquoi ?
Imaginons une vache deux ans faible. Quelles en sont les causes ? Part congénitale ou faiblesse due au jeune âge ?? 
Parfois c’est difficile à dire... le problème c’est que l’on n’a pas trop le droit à l’erreur car la suite va avoir des conséquences importantes sur la descendance…
Bien souvent les impératifs économiques sont contraignants : garder une vache 3 ans de plus  un cout en nourriture et en moyenne onne gardera que 10 à 20% des vaches  90 à 80% auront couté beaucoup d’argent…
On est toujours dans le fameux pari !   

Où fait-on la tienta ?
La majorité des tientas sont effectuées en privé dans les ganadérias, et c’est l’éleveur lui-même lui qui les dirige. C’est un moment très important qui va orienter l’élevage dans une direction choisie !
• Tienta dans une petite arène (Tentadero) en général chez l’éleveur : avec en piste le tentador (essayeur) + un professionnel de la tauromachie (concedor) torero. 
• En plein champ = Tienta a campo abierto = por acoso y por deribo. 


Comment fait-on une tienta ?
Deux grandes étapes :
1/ à cheval = Test de Caste (combativité) et de Bravoure (courage)
2/ à pied = Test de Noblesse mesure de la toréabilité à l’aide de la muleta
DANS TOUS LES CAS, le déroulé de la tienta doit se faire dans le plus grand silence pour ne pas détourner l’attention de l’animal  fausserait l’évaluation !
                                                       

CAS DES VACHES (vacas de vientre) :  transmission de la noblesse !

1er temps / Vache entre dans l’arène : elle court de façon désordonnée : il faut la fixer pour lui donner un objectif d’attaque sinon elle court en permanence, à l’aveuglette, et cherche à sortir de l’arène… sans intérêt.

2ème temps / Travail à pied à la cape par un professionnel (torero invité) Joachim Cadenas
Progressivement on mettra la vache de plus en plus loin du cheval, donc avec plus de difficulté d’attaque, on pourra aller jusqu’à la porte du toril, là où elle était en sécurité (querencia), on jugera de sa capacité à aller à contre querencia, vers le cheval !

3ème temps / Rencontre avec le Picador : Test de Bravoure

Qu’est-ce qu’on va apprécier durant les rencontres ?
• L’élan vers le cheval, d’abord en trottinant puis au galop !
• La position de la tête : si l’animal fixe sa proie ou pas
• Est-ce que l’animal répond au cite ? (l’appel du picador) d’où l’importance du silence…
• Comment l’animal met la tête au moment de la rencontre ? poussée franche, tête basse, arc-boutée sur les reins, sans chercher la fuite : moment intense de beauté et de joie pour l’éleveur ! 
• Comment se comporte l’animal après la rencontre ? Fuite ou retour à la charge… 
• Combien de rencontres ? Au moins 3, en sachant que la première = 0. Chez Torretrella on peut aller jusqu’à 6 rencontres ! Tout dépend où l’éleveur met la barre… mais ça se discute car certains préfèrent la qualité plutôt que le nombre !

4ème temps / Travail à la muleta : Test de la Noblesse (qualité de la charge franche)       
• Nécessité d’un professionnel qui va profiter de l’exercice pour s’entrainer mais aussi et surtout va mettre en valeur les qualités de l’animal ! On est au service de l’animal, pas que de soi-même  en corrida !
• On juge la résistance de l’animal : il ne doit pas s’agenouiller après chaque passe
• Comment l’animal fixe la muleta ? Capacité de concentration et d’attaque
• Comment l’animal met la tête dans la muleta : pas de derrote (coups de tous les côtés) pas de bachazo (coups de bas en haut)
• Comment l’animal sort de la passe ? Ne pas chercher l’homme derrière le leurre.
• Ne pas être toujours en défense
• Ne pas chercher la querencia… fuir

La liste de critères peut être longue et dépend de chaque éleveur
A chacun sa vérité en fonction des critères recherchés…
Exemple chez Carlos Nunez : 3 critères principaux :
Engachabilidad = capacité du toro à être capté // « comme les élèves à l’école… »
Pulseabilidad = capacité à répondre aux changements de rythme
Templabilidad = capacité du toro à ralentir sa charge
Carlos Nunez : « ces trois qualités permettent le miracle de transformer une charge agressive en un don totalement rythmé et humilié (au sens de baisser la tête = signe de noblesse) »
Curro Romero : « Toréer, c’est transformer de la violence en beauté ». « Le toreo est un sentiment » !   
Vache sélectionnée peut procréer pendant 12 à 18 ans

CAS DES MALES (sementales) : l’objectif est le même, la démarche est la suivante:
Un mâle qui ne sera pas sélectionné ne pourra l’être pour une novillada ou une corrida (normalement il doit porter la mention « desecho de tienta »).
Dans ce cas pas possible d’utiliser les outils de cape et de muleta car le règlement taurin ne prévoit pas de combattre à nouveau un taureau qui a déjà été toréé !
Un toro qui a été combattu va se souvenir que le danger n’est pas le leurre mais l’homme derrière ! Le toro pourrait devenir très dangereux par la suite !
Tienta a cuerpo limpio (sans aide de la cape) seulement des branches ou bâtons pour attirer l’attention du toro et le fixer au picador = Test de bravoure et on s’arrête là !
Dans certains, cas si le ganadero le souhaite on pourra utiliser la muleta pour des compléments d’informations…       
Mâle sélectionné peut procréer pendant 5 à 8 ans, des cas jusqu’à 20 ans chez Palha !


CONCLUSION :
• Regard du public / du ganadero :     

Bilan Aficion : voilà chers amis nous avons essayé de vous faire partager une partie de notre passion de la tauromachie sur un exerciceimportant, la Tienta, qui va conditionner les futurs reproducteurs de toros de combats ! La suite se jouera dans une autre arène avec les produits de ces reproducteurs…
Belle continuation à Sommières dans ces traditions taurines. 

Jérôme Desfour

Je vais donner quelques points de repère de la construction de votre ganaderia et si j’ai fait quelques erreurs, je vous prie de m’en excuser et vous demande de ne pas hésiter à me corriger !

C’est sous 3 fers que votre ganaderia va progressivement se construire :

Début de l’histoire 1987 : la création du fer PARADIS avec l’achat d'un lot de 20 vaches de différents élevages français.
1995 : acquisition de nouvelles vaches de Robert Margé d’origine Cebada Gago, complété par un semental de Torrestrella.

1998, fer PIEDRAS ROJAS : achat de vaches au marquis de Domecq
En Février 1999 : première présentation en arène sous la bulle de Nîmes : un véritable triomphe et la reconnaissance de la ganaderia Laugier.

2006, fer LAS DOS HERMANAS : = élevage au nom de vos deux filles, Margaux et Marie. Vous faites l’achat à Javier Sanchez Arjona de 50 vaches + 2 sementales = pur-sang Juan Pedro Domecq Solis.
2009 : récompense de la meilleure novillada piquée de la temporada France
2010 : première corrida en Espagne à Antequera (malaga, Espagne : un triomphe aussi !
2014 : vos toros sont présentés à Madrid, temple de la tauromachie !

Vous avez été novillero, puis président de l’Association des Eleveurs Français de Toros de Combat.
En épilogue, j’évoquerai brièvement le conflit qui vous a opposé au conservatoire du littoral où après une trentaine d’années d’exploitation de ses terres on vous a proposé de vous expulser sans véritable solution !

Comme les toreros qui se battent avec ces armes dérisoires qui sont la cape et la muleta et qui exposent leur corps aux deux poignardsdes toros, vous avez exposé le vôtre et en un desplante, jetant à terre vos armes, vous êtes allé jusqu’à la grève de la faim ! Vous avez arrêté net l’administration ! Olé

Mais pour tester encore votre bravoure, c’est maintenant la maladie qui vous inflige ses blessures. Comme Milagro, vous savez répéter les charges, mettre les reins, la tête basse vous poussez la monture de ce mal ! Olé y Olé !

Votre présence parmi nous aujourd’hui nous honore, et nous enseigne ce qu’est la bravoure dans l’espèce humaine.
Mesdames Messieurs, je vous demanderai de vous lever pour que nous applaudissions Mr Laugier !
Merci.

Jérôme Desfour